Combat spirituel; attaque spirituelle; Voir le démon partout; Rendez-vous de miracles: quelle doit être l’attitude du catholique? Que dit l’Eglise catholique?

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Le combat spirituel, attaques, rendez-vous de miracles, proviennent des mouvements évangéliques qui puisent cette spiritualité des différentes aventures guerrières dans l’Ancien Testament. Le combat spirituel est défini chez les évangéliques comme une lutte perpétuelle entre Satan et les fils de Dieu. Dans la spiritualité des confessions évangéliques, il y a un affrontement quotidien contre le diable. C’est pourquoi on le voit partout. De cette spiritualité, naîtra un slogan ou une parole de combat: « tu es vaincu au nom de Jésus ». Il faut préciser que chez les protestants et évangéliques il y a la certitude du salut, donc la certitude que Dieu est au rendez-vous pour les combats d’où les évangélisations qui deviennent des matchs bien programmés entre Dieu et satan. Chez nos frères, à partir d’une certitude radicale et d’une assurance, un pasteur peut donner rendez-vous à ses fidèles puisqu’il pense maîtriser Dieu et l’Esprit.
Face à cette spiritualité, l’Église catholique a développé une spiritualité de sérénité dans laquelle on ne cherche pas partout le combat.
Dans la spiritualité catholique on ne nie pas la présence de satan mais on l’ignore, on parle du Christ. Chez les catholiques on reste prudent, on ne force pas la main de Dieu, on le laisse agir librement selon sa volonté suprême. On demande dans la prière mais on suit la pédagogie christique du Pater: « Que ta volonté soit faite ».
C’est dans cette optique que dans la spiritualité catholique on reste discret, c’est le cas des contemplatifs, des moines et des communautés de prêtre. Le chrétien catholique a un devoir: « Prier ».
Au niveau de l’agir, tout est dans la main de Dieu. Dans la spiritualité catholique, on évite des vocabulaires qui donnent l’impression qu’on maîtrise la volonté de Dieu. On peut organiser une veillée, une retraite, une séance de prière parce que c’est notre devoir. Cependant, nous devons éviter des paroles qui font croire qu’à ces rencontres Dieu agira forcement pour donner un enfant à des couples, Dieu agira forcement pour guérir. Non, nous organisons nos rencontres spirituelles en laissant Dieu agir librement.
Au niveau catholique, par humilité et par respect de la grandeur de Dieu nous lui soumettons nos demandes. Mais nous ne commandons pas à Dieu d’agir. C’est pourquoi tous les grands saints et maîtres spirituels catholiques ont vécu leur vie spirituelle dans l’humilité sans spectacle. Souvent, c’est après leur mort qu’on découvre leur vie. Comme je disais lors d’une intervention à Abidjan, souvent nous engageons des combats sans adversaire, ou nous inventons des adversaires ou encore nous cherchons des combats au lieu de vivre tranquillement notre foi.
La meilleure manière de combattre c’est de s’armer toujours en priant humblement, en pratiquant les sacrements, en s’engageant dans l’Eglise, en vivant l’Évangile et en obéissant à la doctrine de l’Église. Celui qui fait ainsi ne sera jamais approché par satan. Il est vrai qu’aujourd’hui dans une société de bruit, de communication et pacotille, l’on préfère tout ce qui choque, tout ce qui peut être médiatisé, tout ce qui est attirant et attrayant. Du coup on veut faire comme les autres: tout ce qui est simple dans notre Eglise n’est pas considéré. La messe est banalisée parce qu’elle est simple, le chapelet n’est plus considéré du fait de sa simplicité, l’adoration au saint sacrement n’est pas prise au sérieux parce qu’elle n’est pas spectaculaire. On recherche le sensationnel. Mais retenons que le christianisme est né dans la simplicité et non dans le spectacle. C’est sur un bois sec, la croix que le salut a été donné, c’est sur un bois que Satan a été vaincu, c’est sur des pailles que le Verbe de Dieu est né et c’est par une petite fille de Sion que le Verbe a pris chair.
C’est pourquoi l’Église catholique opte pour la spiritualité kenotique, la spiritualité de l’humilité, la spiritualité de la croix, la spiritualité de la crèche. Face à un monde de bruit, de chars, du « m’as tu vu », gardons la spiritualité du grain de moutarde.
Si nous tombons dans le bruit de ce monde, si nous suivons le style du monde nous ne combattons pas satan mais nous l’élevons sans le savoir. Veillons donc à ce que nos publicités de retraites, nos thèmes d’évangélisation évitent le « m’as-tu vu ». Soyons humbles dans l’Eglise lorsque nous avons un petit charisme, même à la messe que nos chorales ne produisent pas du spectacle mais aident par des chants simples à la louange de ce Dieu humble: Père et Fils et Esprit.

Père Djadji de Yaobou
Docteur en théologie dogmatique.

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